samedi 24 octobre 2020
Artem la revue

HADRIEN DE CORNEILLAN PEINTRE. LUMIERE TEMOIN OU L’ESTHETIQUE DU VIDE.

D’abord peintre animalier puis « Fasciné par la beauté et la puissance de la nature ‘, il croise ainsi l’impact de l’homme sur son environnement.
Alors tout bascule, change de format et peint en noir et blanc : « Avant, j’étais en positif, je magnifiais la nature en couleurs, aujourd’hui je suis en négatif, je montre le monde tel qu’il est ou pourrait devenir ». Mais il reste dans cette thématique de l’empreinte de l’homme sur son époque.

Hadrien de Corneillan lors d’une exposition

Il réalise alors en 2018 une série de peinture qui se fond sur la géométrie naturelle en miroir à la géométrie humaine. Une harmonie architectonique où des forces immanentes s’opposent dans une perfection mathématique. Dés lors, entre le « pylône » marqueur de territoire ou « Totem » comme il le nomme et le vol d’étourneaux ; obéissant tout deux à une esthétique de ligne et de perfections géométriques ; signent le ciel de la présence humaine.

Dans les dernières toiles ses représentations de ruines industrielles, désertées nous projettent dans un futur inévitable marqué par le pressentiment du désastre, lieux d’absence, mélancoliques et ambivalentes qui dévoilent une esthétique de la ruine, une poïétique du désastre où seul les étourneaux volent libres au-dessus de ces « natures mortes métalliques » qui s’isolent du vide pour mieux cerner l’objet peint !

Lumières Témoins

Un horizon qui s’ouvre sans limite sur un parvis de lumière diffuse, acérée, brumeuse, précise. Peinture faussement hyperréaliste auxquelles je rajouterai les préfixes Sur et Supra pour l’enrichir de multiples percepts.

Hadrien de Corneillan n’illustre pas un monde en souffrance, mais il décode des no man’s land en devenir. Il écrit sa perception des “choses” en utilisant une palette de couleurs, du gris/noir profond au blanc cotonneux. C’est un monde à deux visages, celui du vide en devenir est forcément présent, mais il recèle aussi une dualité de lecture par la persistance insidieuse de notre passé, de notre histoire, comme pour une mise à nue de notre mémoire.

Les diptyques créent des actes narratifs où si nous sommes attentifs, nous pouvons déchiffrer des souvenirs au plus profond de notre temporel collectif. Ces césures d’images nous offrent des territoires miroirs où le début et la fin s’entremêlent, mais il arrive parfois qu’il nous propose des pistes avec des bribes de poésie qui claquent comme des bannières d’une couleur vive pour nous réveiller d’une lecture à venir.

Ce travail provoque une esthétique du vide, qui nous oblige à prendre en compte des connivences avec l’artiste, à nous de les répertorier : accumulation, soustraction, bruit, silence, infini et autres… sont le début d’un dialogue à distance avec celui-ci.

La lumière qui domine ses toiles dans les gris/blanc, se diffuse sur la totalité de l’espace pictural, elle s’applique à nous révéler le moindre détail de ses “figures” comme pour archiver une image au-delà d’une improbable photographie. Nous sommes quelques fois tellement captivé par la précision chirurgicale de ce monde des possibles, que l’on se retrouve sans effort de l’autre côté de l’horizon de ses peintures.

 Raoul Hebreard

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