samedi 24 octobre 2020
Artem la revue

LA FILLE AU BRACELET

Cinéma. Un drame de Stéphane Demoustier (France – 1h36)

Avec : Melissa Guers (Lise) Roschdy Zem (Le père de Lise) Chaira Mastroianni (La mère de Lise) Annie Mercier (Avocate de la défense) Anaïs Demoustier (Avocat général) Et Pascal Pierre Garbarini (Le président du tribunal)

Cela pourrait n’être que l’histoire d’une adolescente face à la justice : Lise, 18 ans, vit dans un quartier résidentiel sans histoire et vient d’avoir son bac. Mais depuis deux ans, Lise porte un bracelet à la cheville car elle est accusée d’avoir assassiné sa meilleure amie.

Annie Mercier et Melissa Guers.

Que savons-nous de nos proches, de nos enfants, eux que nous avons mis au monde, élevés, éduqués ? Ceux pour lesquels nous sommes des référents, et parfois même des modèles. Que savons-nous de leur vérité ?

Classiquement, les films de procès, éveillent en nous une recherche de vérité. Nous l’attendons, à la fin.

Dans son neuvième film, le réalisateur Stéphane Demoustier, nous en prive. C’est là que se trouve tout l’intérêt du film.

Ce qui va nous captiver, c’est Lise, cette personnalité étrange et fascinante de froideur, de contrôle. Et ses parents.

Depuis l’arrestation de Lise, sur une plage où elle passe l’après-midi avec sa famille, jusqu’à la fin du film, les questions se suivent. Qu’a-t-elle fait ? Où était-elle ? De quoi la soupçonne-t-on ? Où cela s’est-il passé ? Pourquoi ?

Pascal Desmoutier retrace son parcours, non seulement le jour de son supposé crime, mais décortique aussi son parcours de vie, celui qui l’a amenée là, sous les yeux des jurés.

Dans le prétoire, où l’action principale du film se concentre, certaines réponses arrivent, sous le regard de ses parents effarés, abasourdis, qui découvrent que leur fille n’est pas celle qu’ils pensaient, et surtout de son père consterné (Roschdy Zem magistral de droiture), qui n’arrive pas à croire ce qu’il entend.

Melissa Guers et Chaira Mastroianni

Mais Lise se tait aussi, beaucoup, surtout devant les questions de l’avocate générale, agressive, cassante, déterminée.

Ses silences, pourtant, disent. Ils parlent.

Chacun en aura sa lecture personnelle. Lise garde son secret, son mystère. Pour se protéger, peut-être, bouclier impavide contre sa/ses propre(s) vulnérabilité(s) ? Et nous sommes ses parents. La caméra nous y porte, en conduisant notre regard du visage de ce père qui se voudrait droit dans ses bottes, mais tant déstabilisé, et de cette mère sensible qui sait pourtant que sa fille lui a échappée depuis longtemps…à celui de leur fille dans sa cage de verre, aquarium de zoo derrière les vitres duquel est montré l’animal, le spécimen, la meurtrière.

Et avec eux, nous plongeons dans leur doute, leur envie de protéger leur fille, leur besoin de comprendre, et de maîtriser la situation alors que toute leur construction familiale part à vau-l’eau.

Mélissa Guers et Anaïs Demoustier

Mais Lise est automne depuis longtemps. Elle n’a plus besoin d’eux. Ils croyaient la connaître : ils la découvrent. Autre.

Jusqu’à la dernière scène, qui donne à voir Lise de dos, qui s’éloigne et qui soudain s’arrête, décroche la chaîne qu’elle porte à son cou, et l’attache à sa cheville, en remplacement (?) de son bracelet électronique. Aveu de culpabilité ? Affirmation de soi ?

Elle seule connaît sa vérité…

A voir au cinéma;

Le Royal Toulon

Cinéma Henri Verneuil La Valette du Var

Cinéma Olbia Hyères

Cinéma Casino Saint-Cyr-sur-Mer

Cinéma Lumière La Ciotat

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